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1983 - La vieille ville de Belfort faisait bien son âge…

La rue Lecourbe était encore la moins chère au Monopoly, l’on y trouvait quelques commerces d’un autre temps, comme l’on en voyait dans les films de Marcel Carné, Cocteau, ou même François Truffaut. Un décor figé dans le temps avec des senteurs d ’enfance, les images de casque d’or, la voix d'Arletty, de Jacques Prévert ou du petit Doisnel défilent dans cette ambiance désuète dans cet ultime endroit de résistance face à la ville qui se développait. Au centre de la rue un fond vacant, certes un peu, beaucoup défraîchi, mais il était là, il l’attendait, il attendait Marie car c’est bien d’elle qu’il s’agit, elle qui voulait changer de chemin. Tout ici était propice à reconstruire, à inventer…

Cet endroit avec sa part de mystère l’a séduite, l’a motivée, l’a confortée dans l’idée de faire ce qu’elle aurait toujours aimé faire, vendre des vêtements, ou plutôt transmettre un style, une façon d’être, quelque chose de spécifique, sans rien d’ostentatoire, dans une légère marge, un espace vierge… Enfin un état d’ esprit !

Après avoir arpenté de long en en large tous les salons parisiens et autres show-room, Marie curieuse de tout, attentive à ce qui pourrait la surprendre, l’émouvoir, la faire rêver, mais surtout rester dans le cadre qu’elle s’est toujours fixé : le vêtement ne devant pas se limiter au paraître, il doit être habité, mieux il doit vivre en tenant compte de l’espace et des sentiments sachant le nourrir… La part d’humain et de poésie.

C’est avec toutes ces convictions en elle qu’elle a eu le coup de foudre absolu pour Marithé et François Girbaud, les anti- star qui décoiffaient le milieu huppé de la mode. Un couple de grands adolescents, jeans usés, pulls tricotés main, tout juste sortis de soixante-huit… Marie se retrouve en eux, rester simple, soi-même comme pour mieux mettre en valeur les êtres que l’on habille. Marie en a fait son credo, sa façon de faire, sa façon d’être. Une manière de dire merci à tous ceux qui lui ont fait confiance et qui l’accompagnent depuis bientôt trente ans.

Par la suite d’autres créateurs ont suivi : l’incontournable Jean Paul Gaultier, apportant un autre souffle une autre vue, l’époque des seins en métal, des corsets, des vestes maculées de peinture, s’adressant à un public plus soucieux de l’image, collant à l’époque, très influencée par la scène rock des années 80, avec un zeste de provocation. Aujourd’hui plus assagi, il nous gratifie de pièces raffinées et féminines mais non moins novatrices. Après différents essais avec de très jeunes créateurs notre regard s’est arrêté sur la petite dernière de notre sélection que l’on suit maintenant depuis près de quatre ans : HIGH par Claire Campbell, ancienne styliste chez Girbaud, qui nous apporte un certain vent mutin sur ses collections, très féminines certes, mais avec l’image que l’on aime tant, celle d’une femme enfant qui semble sortie des photos de David Hamilton.

Ce que l’on aime aussi dans HIGH c’est le romantisme qu’il s’en dégage, le rejet du trop lisse du trop apprêté, l’amour de l’inachevé des failles des ruptures, des défauts qui deviennent des qualités. Tout ce que Marie aime profondément chez les hommes comme dans les Vêtements…

1989 - Le temps des défilés

Le temps des défilés que Marie se met à organiser avec là encore le souci de la différence en des lieux surprenants, du spectacle sans clinquant, sans tomber dans la facilité, s’entourant de personnes compétentes dans différents domaines artistiques comme la musique, les arts plastiques, la chorégraphie, la mise en scène.

Par l’intermédiaire d’une amie commune elle-même impliquée dans les projets, nous nous sommes rencontrés. Nous c’est tout d’abord trois amis, trois plasticiens rêvant de réaliser des œuvres sortant du format de la simple toile, c’est ainsi que nous avons eu la chance de concevoir les décors en ayant carte blanche, avec comme seule petite contrainte, jouer avec la spécificité du lieu choisi.

C’est ainsi que j’ai connu Marie et que nous ne nous sommes plus quittés, en ont suivi le macadam de la rue Lecourbe, recouvert de fresques pour le FIMU, envahie d’un jardin extraordinaire pour le marché aux fleurs, transformée en forêt nordique pour Noel… Il est important et légitime pour moi d’écrire cela car je vis et j’avance avec elle, ensemble nous essaierons de continuer à vous faire rêver…

José Pergolesi

adresse 12 rue du général Lecourbe
BELFORT
telephone 03 84 22 31 44 horaires le lundi de 14h à 19h &
du mardi au samedi 10h - 12h / 14h - 19h

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